chiffres de l’intérim 2019

Où en est le marché de l’intérim du Grand Ouest en cette rentrée 2019 ?

En ce début de mois de septembre 2019, la crise déjà en cours se poursuit dans le monde des agences intérimaires. En effet, depuis juillet 2018, le baromètre  Prism’emploi  signale une chute de près de 8 % de l’emploi en intérim au niveau national, avec une industrie particulièrement à la peine (-10.6%). Néanmoins, le Grand Ouest Français (la Bretagne, les Pays de la Loire, et par extension, l’espace nantais) semble plus épargné par cette tendance négative.

Une crise à relativiser ?

Plusieurs indicateurs démontrent clairement une situation de repli, plus ou moins prononcé, du secteur BTP à l’échelle de la France entière, ce qui vaut également pour le Grand Ouest. Le BTP, classé comme l’un des secteurs qui recrutent le plus en intérim, fait partie des domaines jugés porteurs ; à Rennes, selon un récent article de Ouest France, on constate qu’il y a généralement moins de grues qu’auparavant, ce qui semble confirmer le ralentissement des activités liées à la construction.

Cependant, il existe des disparités au cœur même des territoires touchés. À titre d’exemple, la ville de Saint-Malo a connu une envolée spectaculaire du recrutement intérimaire entre janvier 2018 et janvier 2019, avec une augmentation de 27%, pour une majorité de postes répartis entre la construction et les produits industriels, d’après un rapport de l’agence Gerinter. De même, la Bretagne connaît une situation de l’emploi meilleure que la plupart des régions de France, avec un taux de chômage de 7.2 %, moins important que la moyenne nationale, qui évolue officiellement autour des 10%.

Dans le domaine de l’économie, il est important de ne pas céder à la panique : beaucoup d’articles se rapportant à ce thème ont tendance à jouer la carte du pessimisme, voire du catastrophisme. Un grand nombre de désastres financiers ont été annoncés ces dernières années, sans pour autant que la situation réelle se révèle aussi sombre. Par ailleurs, un article du site Rebondir.fr, daté du 3 septembre 2019, rappelle que le marché de l’intérim se trouve dans une situation de croissance depuis janvier 2015, et “se situe toujours à un niveau historiquement élevé”.

Une possible reprise ?

Au vu de ces différents éléments d’information, le marché de l’intérim serait davantage dans une situation de transition que de crise. Le recours au CDI intérimaire est considéré comme étant de plus en plus employé, toujours selon la rubrique “emploi” de Ouest France. Le recul de l’intérim s’expliquerait par une augmentation de l’embauche en CDI, qui a connu une progression de 5% fin 2018.

En outre, les agences se modernisent, à l’image de Randstad, d’Adecco et de Manpower, considérées comme des poids lourds de l’emploi temporaire, qui misent toujours plus sur des services numériques  afin de faciliter et d’accélérer les processus de recrutement. Il est nécessaire de préciser que le Grand Ouest français affiche une forte densité au niveau de ces organismes, en plus d’acteurs locaux, à l’image d’une agence intérim comme Gerinter ou Facilium. Ces enseignes étant présentes dans les grandes villes de Bretagne et des Pays de la Loire (Rennes, Nantes, Brest), celles-ci sont donc plus que susceptibles de bénéficier des retombées de la modernisation des infrastructures d’intérim.

De plus, on notera la présence de projets en cours ou à venir, comme le métro de Rennes (avec 850 personnes déjà recrutées), ou la construction du Parc Grand Ouest de Bonchamp-Lès-Laval, qui peuvent venir donner un coup de fouet au secteur de l’intérim. D’une manière générale, il existe une forte demande en ouvriers qualifiés du BTP. L’introduction d’outils informatiques dans la maintenance agroalimentaire permet la constitution d’un autre bassin d’emploi porteur.

Car le Grand Ouest Français n’est pas seulement un territoire rural tirant profit d’un solide secteur agricole ; il s’agit d’un espace dynamique, porté par des pôles de compétitivité importants, à l’exemple de Rennes et de Nantes. Si la crise de l’intérim est indéniable, elle n’est pas fondamentalement synonyme de déclin de l’emploi.

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